Sahara occidental : la MINURSO organise son retrait après 35 ans de présence

Written on 03 novembre 2026
Le Sahara


La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) entre dans sa phase de liquidation, après l'expiration de son mandat le 31 octobre 2026. L'échec de deux projets de résolution au Conseil de sécurité, sur fond de désaccord entre Washington et Moscou, met fin à 35 années de présence opérationnelle de la mission onusienne.

Selon les Nations unies, les opérations de la MINURSO ont officiellement cessé et une équipe réduite doit désormais superviser le retrait du personnel et des équipements. Le processus intervient alors que le différend territorial demeure sans règlement politique définitif.

Cette évolution marque un tournant diplomatique majeur : la disparition de la mission de maintien de la paix ne signifie pas la fin de l'implication des Nations unies dans le dossier. Le secrétaire général António Guterres entend poursuivre les efforts de médiation par l'intermédiaire de son envoyé personnel, Staffan de Mistura.

Laâyoune, puis Rabat : les préparatifs du départ

Le responsable de la MINURSO, Alexander Ivanko, a réuni lundi 2 novembre les principaux cadres et agents de la mission à Laâyoune pour leur présenter les conséquences de l'expiration du mandat et les premières dispositions administratives.

Selon des informations publiées par Hespress et reprises par plusieurs médias, Ivanko était attendu mardi 3 novembre à Rabat pour s'entretenir avec des responsables marocains. Ces échanges devraient notamment porter sur le calendrier de retrait, les questions logistiques et le devenir des installations onusiennes. La tenue effective et les conclusions de ces entretiens n'ont pas encore été confirmées officiellement.

Fermeture des installations et départ du personnel

Le démantèlement concerne l'ensemble des infrastructures opérationnelles de la mission. Des sources de presse évoquent 13 installations à fermer. L'inventaire publié par les Nations unies distingue notamment le quartier général de Laâyoune, neuf sites d'observation répartis de part et d'autre du mur de sable, ainsi qu'un bureau de liaison à Tindouf, en Algérie.

À la fin de son mandat, la MINURSO comptait environ 200 membres du personnel civil et militaire provenant de plus de 35 pays. La liquidation implique également la restitution des équipements appartenant aux pays contributeurs, la gestion des biens des Nations unies et la clôture progressive des engagements administratifs et contractuels.

Un bras de fer russo-américain au Conseil de sécurité

Le 30 octobre, le Conseil de sécurité a échoué à adopter deux projets de résolution concurrents. Le texte américain, qui entendait modifier le cadre de la mission en privilégiant le plan marocain d'autonomie comme fondement du règlement politique, s'est heurté au veto de Moscou.

La Russie a ensuite présenté un texte visant à prolonger le mandat existant, sans parvenir à obtenir son adoption, les États-Unis s'y opposant à leur tour.

Ce double blocage a provoqué l'expiration du mandat le 31 octobre, sans nouvelle résolution autorisant la poursuite des opérations.

Quel avenir pour le processus politique ?

Pour Rabat, cette évolution représente la clôture d'une longue séquence diplomatique et ouvre une nouvelle étape dans la défense de son projet d'autonomie sous souveraineté marocaine.

Le Front Polisario continue, pour sa part, de revendiquer l'autodétermination du peuple sahraoui, tandis que les Nations unies maintiennent leur objectif d'un règlement politique négocié.

Le retrait des observateurs pose également une question sécuritaire : sans dispositif permanent de surveillance sur le terrain, quels mécanismes permettront de suivre les incidents militaires et de prévenir une nouvelle escalade ?

António Guterres a appelé les parties à la retenue et à la coopération pendant le retrait. La fin de la MINURSO constitue donc une rupture institutionnelle, mais elle ne règle, à elle seule, ni le différend de souveraineté ni les questions liées à l'autodétermination.

Sources : RFI, Nations unies, Hespress, 1er–3 novembre 2026.